brucellose

  • Haut-Pays: Le FUGEA communique.

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    Très présent dans notre région, le FUGEA nous fait parvenir l’avis suivant, relatif à la brucellose. Nous ne serons pas vaches: nous le publions donc in extenso. Car blague à part, le sujet est important pour les éleveurs d’ici et d’ailleurs. Vous constaterez que, dans certains cas, le comportement de chasseurs peu conciliants peut jouer un rôle dans un dossier qui concerne, ne l’oublions pas, la santé publique.

    « Le vendredi 10 juin dernier, les organisations professionnelles agricoles ont été conviées à une réunion d'information sur la brucellose à l'UPC de Namur. La Ministre Laruelle a effectivement encouragé les bureaux de Namur à assurer une meilleure communication avec le secteur ; et nous tenons à la remercier de cette initiative. La FUGEA, au même titre que la FWA et l'Union Professionnelle Vétérinaire (UPV), était présente.

    Les résultats semblent encourageants : les analyses réalisées sur les exploitations bloquées sont presque toutes terminées, et les tests sur les tanks à lait ne semblent mettre en avant aucun nouveau foyer. D'autres tests sur les tanks seront réalisées dans les prochains mois.

    Cependant, la FUGEA estime que ces tests ne sont pas suffisants pour garantir la bonne santé de notre cheptel. Ne nous voilons pas la face : ces analyses ne permettent d'étudier que les exploitations sur lesquelles sont présentes un troupeau laitier. Les élevages allaitants, n'ayant signalé aucun avortement, sont oubliés et nous estimons que cet « oubli » constitue un risque de découvrir, peut-être demain, ou dans les années à venir, des troupeaux contaminés ! Pouvons-nous considérer qu'un éleveur puisse sortir ses bêtes en prairie alors que l'on ne sait pas si les bovins allaitants des prairies voisines ne sont pas contaminés ?

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    LA FUGEA estime qu'il est nécessaire de réaliser des analyses sanguines sur l'entièreté du cheptel. Nous insistons sur l'importance d'une telle mesure : nous ne pouvons pas prendre le risque de voir d'autres exploitations contaminées, au vu des lourdes conséquences économiques et psychologiques qu'une telle situation impose à l'agriculteur. Pour la FUGEA, les coûts d'une telle campagne d'analyse du cheptel belge doivent être supportés par le Fonds sanitaire, prévu à cet effet. En ce point, nous nous sommes clairement opposés à la position de la FWA, qui préfère croire que les tests réalisés sur le lait sont suffisants, et refusent que le Fonds Sanitaire soit utilisé pour prendre en charge ces analyses, qui offriraient une garantie sanitaire pour tous les contacts entre exploitations (achats, ventes, concours, inséminations, etc.). En ce sens, la Fédération Wallonne de l'Agriculture semble s'inquiéter davantage de l'enveloppe « Fonds sanitaire » de la Ministre Laruelle, que de la préservation de nos élevages, déjà bien malmenés par le marché !

    La FUGEA, quant à elle, est bien consciente de l'enjeu et des pertes économiques considérables relatives à la contamination des exploitations par la brucellose. Nous privilégions donc ces mesures préventives, qui permettraient de réellement circonscrire la propagation de la maladie. Interrogée par la FUGEA, l'UPC de Namur a assuré que ces analyses ne remettraient nullement en question le statut « indemne de brucellose » de la Belgique.

    Le 5ème foyer de brucellose, détecté fin avril à Corennes, est à distinguer des autres foyers. Cette exploitation a en effet été contaminée par la bactérie Brucella Suis, endémique dans les populations de sangliers, et non par Brucella abortus, la brucellose bovine. Ce cas exceptionnel de contamination de la faune sauvage à un bovin est sans aucun doute à associer à la forte population de sangliers présente dans la région, qui est d'ailleurs fortement touchée par les dégâts aux cultures.

    La décision du Ministre Di Antonio d'autoriser les abattages de sangliers en plaine, de jour comme de nuit, semble peu porter ses fruits. Les chasseurs se montrent peu coopérants, et ne voient aucun intérêt à abattre le gibier en cause. Les analyses actuelles montrent que 20 à 25% des sangliers sont porteurs de la bactérie Brucella Suis. Le cas de Corennes ne met-il pas en avant le fait que le trop grand nombre de sangliers présent dans nos bois, et fortement contaminé par la brucellose, représente un risque pour nos élevages ?

    La FUGEA estime que des mesures plus contraignantes devraient être prises afin d'imposer un quota d'abattage minimum de sangliers. Cette mesure permettrait d'alléger la charge en gibier dans nos régions, et donc de diminuer la fréquence des contacts entre la faune sauvage et les troupeaux bovins.

    La FUGEA dénonce également l'importation illégale, et donc non contrôlée, de gibier (cervidés et sangliers) en provenance des pays de l'Est. Selon différentes sources, il apparaît que la faune sauvage de ces pays est effectivement fortement contaminée par la brucellose, qui est alors importée chez nous afin de contenter les chasseurs et, en fin de compte, ... de tuer nos agriculteurs !

    Pour conclure, la FUGEA juge la brucellose comme une catastrophe qui menace nos élevages, et que toutes les mesures nécessaires doivent être prises afin de les protéger.

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    Parmi ces mesures, il convient :

    • d'effectuer des analyses sur l'entièreté du cheptel. Les coûts de prélèvements et d'analyses doivent être pris en charge par le Fonds sanitaire ;
    • d'imposer un quota d'abattage de sangliers, afin de diminuer de manière drastique la population et d'étendre les périodes de chasse. Parallèlement, il est indispensable de mettre en place un système de contrôle des abattages pour s'assurer que ce quota soit respecté ;
    • de réaliser les enquêtes nécessaires afin que soient mises à jour les importations illégales de gibiers ;
    • d'assurer une indemnisation juste pour les foyers de contact (exploitations « bloquées »), et pour les pertes financières résultant de l'abattage des troupeaux qui ne sont pas couvertes par l'intervention du Fonds sanitaire.
    • de s'assurer que l'indemnisation provenant du Fonds sanitaire soit versée rapidement aux éleveurs. La Ministre Laruelle a effectivement annoncé que l'indemnisation serait versée dans les 10 jours suivant l'abattage de la dernière bête de l'exploitation. Il semble cependant que dans certains cas ces délais ne soient pas respectés ».

    Et n’oubliez pas que vous aussi, sur ce sujet comme pour d’autres thèmes abordés sur ce blog, vous avez droit à la parole ! Alors prenez donc le taureau par les cornes…

     

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